Éditorial de la chronique

Editorial

 

Ils sont devenus fous !
Un de nos amis, vénérable prêtre ariégeois, a le don de surprendre les conversations des animaux entre eux. Or, est-ce le fruit de l’amitié, il nous est arrivé de surprendre à notre tour, ces jours-ci, ce dialogue.
L’isard avait bondi à son accoutumée et s’était retrouvé en équilibre sur un rocher. Occupé à scruter les sommets environnants, il entendit soudain derrière lui un bref cri aigu, c’était la marmotte. “Comment, tu n’es pas en train de dormir ? lui dit-il, ton calendrier n’est-il pas à jour ? Nous sommes en décembre ! Tu devrais hiberner!” – “C’est bien le moment ! Tu ne te rends pas compte ! En bas dans la vallée, ils ont perdu la tête! Et moi j’en ai perdu le sommeil !“ – “Tu es bien informée ! Qui t’a dit quoi? “ – “C’est le serpent, qui est venu se vanter de ce qu’il avait raconté aux hommes : il les a persuadés de sauver Noël ! “ – “Ah ? Il a donc enfin compris ?!” – “C’est toi qui ne comprends rien non plus ! Depuis le début le serpent fausse tout, l’air de rien il inverse les rôles et bouleverse tout. Comme s’il s’agissait de sauver Noël! C’est Noël qui nous sauve !! Mais c’est comme cela avec le serpent, il faut toujours qu’il refuse que Dieu ait le rôle principal… Je crois qu’il est jaloux! je ne sais pas où cela va nous mener…” – “C’est vrai, répond l’isard tout en assurant bien ses pattes pour réfléchir plus commodément, déjà il a mis la pagaille au Paradis, cela ne nous a causé que des ennuis, cette fois-ci, il risque de nous gâcher Noël pour de bon.” – “Oui, j’ai bien peur que Noël ne se réduise à de tristes festins par tables de six et surtout qu’il n’y ait personne à la crèche, car il paraît que cela va être retransmis…” – “Quoi ! Ce petit Dieu, qui vient nous visiter en chair et en os, il va trouver des églises vides et des fidèles virtuels ?” – “C’est pour cela que je ne dors plus ! Je veille, conclut la marmotte !”- “Mais tu vas y laisser ta santé,” s’inquiète son ami l’isard.” – “Mieux vaut perdre la santé que ses raisons de vivre ! Mais ne t’inquiète pas pour moi : après le serpent, j’ai eu la visite de Marie, qui souriait et avait posé le pied dessus, elle m’a dit qu’elle allait m’apprendre à veiller, je dormirai mais mon cœur veillera, et quand son Fils arrivera à la crèche, il me trouvera toute prête!” – “Entendu ! répartit l’isard, moi je vais veiller en bondissant sur les montagnes !”