Éditorial de la chronique

Editorial

La liturgie de la fête de la Sainte Trinité est tout entière une liturgie du Gloria, elle nous entraîne dans un mouvement d’acclamation et de reconnaissance à la seule gloire de Dieu. Cette adoration joyeuse qui nous fait sortir de nous-même dans la gratitude et l’émerveillement est à la fois louange gratuite de Dieu et notre bonheur. La liturgie n’analyse pas, ne nous fait pas un cours sur le dogme de la Sainte Trinité, elle nous emporte dans une sorte de flux et de reflux poétique et musical qui nous introduit dans le mystère.
“l’Esprit, écrivait Benoît XVI, ne nous entretient pas de lui, il est écoute et perception du Fils. Quant au Fils, il ne parle pas non plus de ce qu’il est en propre, puisqu’il est l’envoyé du Père, sa présence parfaitement révélée. Enfin le Père se livre au Fils de sorte que tout ce que le Père possède, il le remet au Fils pour le constituer dans son être de Fils. Chacune des trois personne se réfère ainsi à l’autre : elle n’est que dans les autres. Et c’est dans ce “va-et-vient” d’un amour qui s’épanche que réside la vie de la plus haute unité et de la plus haute consistance.” Il s’agit bien de nous laisser happer dans ce va-et-vient sublime et ineffable qui nous attire, car c’est là que réside la vraie Vie.
Et Benoît XVI poursuit : “En raison de sa profondeur, le mystère atteint toute la réalité et concerne toute décision. Si le mystère est vrai, tout ce qui est stable et tout ce qui est en relation doit être envisagé autrement qu’à notre habitude. La réalité fondamentale , en effet, n’est pas ce qui paraît extérieurement solide, mais c’est le mouvement du cœur et de l’esprit qui se tourne vers les autres et qui se met en route vers les autres.”
Mouvement d’oubli de soi et de renoncement à toute prétention ou ambition vaine, l’idéal bénédictin d’humilité foncière est d’abord théologal. Il plonge ses racines dans cette primauté absolue rendue à Dieu et à sa gloire. Puissions nous envisager le réel qui nous entoure “autrement qu’à notre habitude” et comprendre que la réalité fonda- mentale se construit dans une relation d’amour.

Mère Immaculata, abbesse