Éditorial de la chronique

Editorial

L’humble force de l’amour, aura été l’une des leçons du pèlerinage en Irak du Pape François. Rien n’aura pu l’empêcher d’aller encourager et fortifier ses fils d’Orient et rendre avec eux hommage aux martyrs de la foi.
Il lui fallait rencontrer fraternellement l’ayatollah Al Sistani. Cette rencontre vécue de part et d’autre dans un profond respect, “lui fit du bien à l’âme”. “Il a été si respectueux pendant notre rencontre que je me suis senti honoré”. Cette façon de se respecter, de se prévenir humblement d’honneur prépare la paix. Elle est contagieuse : à Ur, un chef musulman a eu à cœur de baiser publiquement la main du pape afin de manifester son respect et sa joie.
Humblement, le Saint Père a eu le courage de la vérité et de proclamer qu’on ne peut instrumentaliser le nom de Dieu pour “justifier des actes d’homicide, d’exil, de terrorisme et d’oppression”.
Le Saint Père a rappelé les Béatitudes, faisant comprendre qu’il n’y a pas d’autre voie pour sortir de toutes les crises que celle que Jésus a parcourue. Il dépeint alors une sainteté humble, une sainteté qui incarne l’Evangile dans l’ordinaire de la vie.
“Il y a sûrement des moments où la foi peut vaciller, lorsqu’il semble que Dieu ne voit pas ni n’agit. Cela a été vrai pour vous aux jours les plus sombres de la guerre, et cela est vrai aussi en ces jours de crise sanitaire mondiale et de grande insécurité. En ces instants, rappelez-vous que Jésus est à votre côté. Ne cessez pas de rêver! Ne vous rendez pas, ne perdez pas l’espérance! Du ciel, les saints veillent sur nous : invoquons-les et ne nous lassons pas de demander leur intercession. Et il y a aussi “les saints de la porte d’à côté” qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu”.
Parmi eux : saint Joseph ! Saint Joseph, si proche du cœur de Dieu, ce silencieux tout entier happé par ces mystères n’aura pu dire comme saint Paul : “Pour moi, vivre c’est le Christ”, mais son existence ne trouve son sens que dans le Christ. Au seuil du Triduum pascal, on peut lui demander d’entrer dans ces mystères avec la même attitude si merveilleusement juste qui fut la sienne : attitude révérentielle d’adoration des mystères et d’ardent désir, lui qui portait l’attente de tous les justes de l’Ancien Testament, ce digne fils d’Abraham !