Éditorial de la chronique

    Editorial

    En route vers le Ciel !

    Lorsque, vers la fin de sa vie, saint Benoît rencontra sa sœur Scholastique pour la dernière fois, ils passèrent toute la journée à s’entretenir des choses de Dieu, et elle le pria de passer encore toute la nuit, afin de “parler jusqu’au matin, des joies de la vie éternelle”… Il fallut un miracle pour qu’il y consentit, mais sa sœur l’obtint “qui fut plus puissante parce qu’elle aima davantage” !

    Ce petit fait nous en dit long sur l’amour du ciel et le désir de la vie éternelle qui animaient et unissaient ainsi le frère et la sœur. Ils vivaient quasiment naturellement orientés vers la vie éternelle et les joies de l’au-delà n’étaient pas une chimère, mais l’objet d’une espérance chevillée au corps, inscrite dans toutes les fibres de leur être.

    Cela dit, saint Benoît est très sobre pour en parler, dans sa Règle. Il coupe court aux développements de l’imagination et ne garde pour parler de la récompense promise que la citation de saint Paul : “Ce que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas attendu, ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment” (1 Co 2, 9). Tout est dit, et sur le terme et sur le chemin !

    Nos amis du ciel et de la terre nous balisent la route, et nous montrent le chemin à la suite du Christ. Parmi eux, la Vierge Marie a une place unique, elle qui est déjà ressuscitée comme son Fils. Le 1er novembre, nous fêterons les 70 ans de la proclamation du dogme de l’Assomption : Marie a été prise au Ciel en son âme et en son corps.  Comme saint Bernard, soyons moins étonnés de voir la Mère du Seigneur entrer dans le Royaume de son Fils que de contempler le Seigneur descendre humblement de la plénitude de son Royaume pour venir chercher et sauver ceux qui étaient perdus…

    “Nous ne sommes pas seuls, l’Amour est tout proche. 

    Plus le temps de notre départ se rétrécit, plus on sent combien il est précieux puisqu’il peut être rempli par des actes d’amour. Quand Dieu nous donne un jour de vie, c’est parce qu’il a encore besoin d’un acte d’amour de nous ici bas. Demander à Dieu de vivre dans la joie de la prochaine rencontre avec l’infinie miséricorde du Sauveur.”

    Cardinal Journet