le noviciat

Qu’est-ce que la vocation?

« Alors Jésus fixa sur lui son regard et l’aima. Il lui dit: « Une seule chose te manque: va, vends ce que tu as, donne-le au pauvre et tu auras un trésor dans le ciel; puis viens, suis-moi » Mc 10, 21

« Suis-moi, c’est une invitation qui contient une force particulière: la grâce de la vocation. La force vient de celui-là même qui parle » Jean-Paul II, 2 octobre 1994

La vocation est un appel

Du côté de Dieu, elle est toujours largesse, sans repentance, fidèle et respectueuse d’une personne dont il désire l’amour, et l’amour ne peut être que libre. De notre côté, la vocation est un attrait. La personne du Christ nous attire, son « viens et suis-moi » nous séduits. Ce n’est pas un appel extérieur qui « tombe » sur nous. Il met en lumière, et réveille parfois vivement, un désir profond qui nous habite.

Ce sont deux libertés qui se rencontrent : celle de Dieu qui choisit, celle de l’appelé qui répond « oui, me voici » et réalise ainsi dans le don de lui-même qui il est vraiment. La vocation religieuse nous appelle à suivre le Christ par amour en choisissant la radicalité de l’Évangile. Il ne s’agit pas tant de mener telle œuvre, de suivre tel horaire que de vivre avec lui comme lui et de l’annoncer à la première personne « pour moi la vie, c’est le Christ » (Ph 1, 21)

Il s’agit d’une appartenance qui rend heureux et libre!


 


Suis-je appelée?

Voici quelques pistes de réflexions:

L’écoute

Pour pouvoir y répondre, il faut avant tout écouter, le cœur ouvert. On ne répond pas tout seul, il faut entrer dans le dialogue avec Dieu. Le dialogue est ce moment précis où l’on sort du monologue pour répondre à quelqu’un et ici, c’est Dieu lui-même. Accueillir les paroles du Christ dans l’Évangile, ses questions, faire nôtre celles des disciples : « Maître, où demeures-tu ? A qui irions-nous ? » permet de développer en nous la part qui écoute. « Notre vie intérieure se construit à partir de ces réflexions profonde que nous inspire l’Évangile, la vie elle-même jalonnée de mystère. Lorsqu’on a longuement, au fil des jours, médité sur la vie du Christ, on prend aussi l’habitude de lire autrement les événements qui jalonnent notre vie. On les relie au grand dessein de Dieu » (Mère Abbesse)

Écouter aussi son cœur : Quel est le désir profond qui m’habite, celui qui est permanent? Quel sens donner à ma vie ? Qu’est-ce qui me freine ?…

Ne pas rester seule avec ses questions

Le Pape François encourage beaucoup l’accompagnement spirituel. L’accompagnateur éclaire d’un jour nouveau ce que l’on vit, met en lumière des aspects oubliés, nous aide à exprimer nos désirs et nos peurs. Cela permet de faire le point de manière objective et de chercher vraiment le désir de Dieu sur nous!

Faire une retraite

Si le désir perdure, il faut envisager une retraite de discernement.On ne peut discerner dans l’abstrait ! L’appel est souvent lié à un lieu, au charisme d’une communauté. Ceux qui se sentent appelés ne doivent pas hésiter à aller voir tel lieu qui les attire. « Venez et voyez » ! Ces retraites n’engagent à rien mais peuvent aider à répondre librement.

 

Le noviciat

Le noviciat est une période de discernement de la vocation et de formation au monastère. Avec l’aide de la Maîtresse des novices, la jeune femme cherche Dieu et sa volonté. Elle entre à l’« école du service du Seigneur » selon l’expression de saint Benoît. Le signe que la jeune femme a vraiment la vocation est qu’elle est docile, heureuse d’apprendre et d’être au monastère.

Les étapes du noviciat 

Après une année de postulat au monastère où elle a partagé la vie du noviciat, la postulante reçoit l’habit monastique. C’est la vêture qui marque son entrée au noviciat. Il dure environ deux ans pendant lesquels, la novice est formée à la vie humaine, spirituelle et monastique. Elle émet ensuite ses vœux temporaires pour trois ans, renouvelé une fois. Elle promet stabilité, obéissance et vie monastique. Elle entre davantage dans la vie de la communauté tout en continuant à suivre la formation du noviciat. Au terme de ses années, elle fait profession solennelle et reçoit la consécration à Dieu par les mains de l’Évêque du lieu.

La formation

En vue de poser un acte libre, la novice reçoit une formation intégrale. Elle suit des cours d’anthropologie, théologie, vie religieuse et monastique, Écriture Sainte, Spiritualité, histoire de l’Église, Liturgie, Latin, Chant grégorien. De nombreux intervenants extérieurs enrichissent la formation reçue au monastère.

Enfin, toute la communauté participe à cette formation à travers la vie quotidienne : la prière, les enseignements de l’Abbesse, le travail, la vie fraternelle.

de Saint Jean- Paul II, extrait d’un message aux bénédictins du 27 septembre 1984

« Et pour vous, qui suis-je ? » (Mc 8, 29). Il s’agit bien sûr, en premier lieu d’une connaissance du Christ et d’une intimité avec lui, puis du témoignage à rendre au Christ parmi les hommes d’aujourd’hui. Aujourd’hui encore, le Christ demande aux hommes ce qu’ils pensent de lui, oui mieux encore, ce que vous-mêmes pensez de lui. Votre vie est une suite du Christ ; vous le suivez, parce que vous savez qui il est. Les gens viendront à vous pour apprendre, pour expérimenter, pour voir qui est Jésus Christ, d’après l’exemple de votre vie, les rites de votre liturgie, les fruits de vos travaux. Vos monastères sont le lieu où, vous les premiers, vous avez connu Jésus de Nazareth, où il demeure toujours avec vous, comme hôte et compagnon.

Vos monastères seront donc aussi le lieu où des hommes et des femmes de notre temps viendront chercher les signes de la présence du Christ, de la fraternité du Christ, de la charité du Christ, de la sainteté du Christ. Plutôt que de parler de votre vie avec le Christ, il serait plus juste et plus vrai de parler de la vie du Christ avec vous.

Alors, quand vous rencontrez en chemin des difficultés, vous êtes réconfortés par son affirmation : « courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (Jn 6, 20). Il est votre compagnon et votre guide, votre nourriture et votre breuvage, votre bâton et votre houlette.

Vous, les bénédictins, vous parcourez cette route avec le Christ à « l’école du service du Seigneur » comme le dit clairement la Règle de saint Benoît. Cette école vous offre un enseignement continuel, donné par le Saint-Esprit, à l’écoute des paroles du Maître qui est le Christ. La lectio divina vous fournit une aide merveilleusement efficace pour acquérir « la connaissance suréminente du Christ Jésus, le Seigneur » (Ph 3, 8). En même temps, cette école est aussi une école d’oraison continuelle parce que, dans la célébration de l’Opus Dei, la demande des disciples se renouvelle et est en même temps exaucée : « Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11, 1). La force et la joie de votre cheminement quotidien avec le Christ proviennent, dans vos monastères, de la célébration en commun de la Liturgie des Heures et de l’Eucharistie.

Le primat et l’obligation quotidienne de ces célébrations doivent vous apparaître comme l’héritage de saint Benoît, fidèlement gardé et à l’abri de toute contestation ou expérimentation. Ainsi votre vie devient toujours plus une vraie recherche de Dieu le Père, et une participation à la Pâque du Seigneur qu’il célèbre lui-même avec vous. Vos monastères sont « de petites églises monastiques », selon la célèbre expression de votre père, saint Benoît : «  que les moines se préviennent d’égards mutuels, qu’ils sachent supporter avec la plus grande patience leurs infirmités physiques et morales, qu’ils pratiquent l’obéissance avec émulation ; que personne ne recherche son avantage personnel, mais l’avantage des autres, qu’ils pratiquent la charité fraternelle avec un cœur pur ». Comme l’enseigne saint Benoît, le moine ne connaît rien qui soit plus digne d’amour que le Christ, ce Christ que le moine cherche, comme son ouvrier ; le moine à son tour, grâce à l’amour du Christ, parcourt la voie royale de l’obéissance et de l’humilité, du silence et du service, de la souffrance et de la joie.

On peut donc à juste titre considérer tout cela comme une réponse à cette question fondamentale : qui pensez-vous et dites-vous qu’est le Christ, vous, moines bénédictins ? Voici que s’ouvre une perspective très claire pour l’avenir ; voici que s’ouvre aussi un immense champ d’apostolat bénédictin. Voici la part qui vous revient : connaître, au milieu de vous et en vous, le Seigneur Jésus et la richesse de son mystère, puis offrir un enseignement constructif à tous ceux qui se présentent.

de Saint Jean-Paul II, extrait d’un message du 28 janvier 1985

« Tous, vous avez été appelés par le Christ. La vocation a fleuri dans votre vie comme un geste de prédilection de la part de Dieu, comme une invitation à l’amour total envers lui. Oui, la personne du Christ vous a fascinés, son « viens et suis-moi » vous a séduits. La vocation est un appel fondamental à suivre le Christ, à vivre son mystère de grâce, à partager sa vie, à être ses imitateurs.

C’est une invitation à crier l’Évangile par sa vie ; chacun selon l’appel particulier du Christ et tous unis dans l’Église. Pour que l’épouse du Christ resplendisse de la beauté de l’Évangile fait parole de vie, avec la robe nuptiale de la charité, des conseils évangéliques, des béatitudes du divin Maître. Pour que l’Église à travers les consacrés, soit aujourd’hui devant le monde le Christ vivant qui continue de sauver, qui proclame la Bonne Nouvelle en paroles et en actes, par toute sa vie. Vivre et communiquer la grâce salvatrice, dans un engagement inconditionnel, c’est contempler chaque jour les merveilles de l’amour de Dieu dans l’aujourd’hui du monde, dans le mystère de votre vie et de la vie de l’Église.

Votre vie est un service d’amour. Vous êtes servantes de l’amour, par amour du Christ. Vous réalisez ainsi cette humanité mûre qui offre sa propre liberté à Dieu et l’emploie à son service. Pour cela, méditez et renouvelez chaque jour les motivations de foi qui dynamisent et soutiennent votre vie, votre donation, votre fidélité joyeuse et féconde, même au prix du sacrifice.

Le Christ vous appelle à être ses témoins fidèles, à être les canaux de son amour sauveur dans le monde d’aujourd’hui, à prolonger sa miséricorde qui s’étend de génération en génération. »